Il s'agira peut-être du match le plus important de sa carrière. Diego Benaglio abattra une carte décisive mardi à Zurich face au Nigeria. Battu quatre fois par le Japon en septembre à Klagenfurt sans que sa responsabilité ne soit vraiment engagée, le Zurichois l'Argovien (SVP ^^)est conscient d'une réalité: il n'aura pas le droit à l'erreur au Letzigrund s'il entend être le no 1 de la sélection à l'EURO.
"Je ne ressens aucune pression particulière pour ce match. Je l'aborderai comme un autre, lâche-t-il cependant. L´erreur serait de chercher de "surjouer", d'en faire trop". Dans le duel à distance qui l´oppose à Fabio Coltorti et à Pascal Zuberbühler, le portier du Nacional Madère n'ignore pas que sa position s'est peut-être fragilisée cette année après ses matches contre l'Allemagne et le Japon. "Je suis très critique envers moi-même, lance-t-il. J'analyse chacune de mes performances. Je ne me voile pas la face".
Le mieux placé
Mais avec un Coltorti qui ne joue pas en Liga et un Zuberbühler qui est loin de rayonner à Neuchâtel, Diego Benaglio demeure le mieux placé. "Je ne veux pas commenter les choix de carrière ou les résultats de Fabio et de Pascal, glisse-t-il. Je me concentre sur mes performances au Nacional. Je dispute un championnat qui n'est peut-être pas trop médiatisé. Mais l'important est que les personnes qui doivent me juger peuvent le faire en toute objectivité".
Jörg Stiel est, ainsi, son "répondant" auprès de l'ASF. L'ancien gardien de Mönchengladbach est venu le voir en septembre. Il n'ignore sans doute pas que le plus grand quotidien sportif du Portugal, "A Bola", classe Diego Benaglio à la deuxième place des gardiens de championnat derrière le portier de Benfica Quim.
Diego Benaglio n'aura pas encore 25 ans le 7 juin prochain lors du match d'ouverture de l'EURO. S'il brille dans la cage de l'équipe de Suisse lors de cette phase finale, tous les espoirs lui seront alors permis: il peut réussir la plus belle carrière qui sera donnée à un gardien suisse. On le sait, il a déjà fait l'objet de convoitises ces derniers mois. Ainsi au printemps, il a repoussé une offre du Panathinaïkos Athènes. "A une année de l'EURO, j'ai préféré rester encore à Madère où j'avais tous mes repères", précise-t-il. Contrairement à Fabio Coltorti, il n'a pas voulu tenter le grand saut dans l'inconnu.
Une offre de Roumanie
Il y a deux semaines, une offre bien inattendue est tombée sur le fax du secrétariat du Nacional Madère: leader du championnat de Roumanie, le CFR Cluj était prêt à payer un transfert de 2,5 millions d'euros pour s'attacher les services de Benaglio. "Je ne m'y attendais vraiment pas, avoue le Zurichois. L'idée de jouer en Roumanie ne m'avait vraiment jamais traversé l'esprit. Je n'ai, bien sûr, pas donné suite". Un EURO réussi ne le propulsera pas en Roumanie mais bien dans l'un des cinq grands championnats européens. Il avait déjà goûté à l'antichambre de la Bundesliga avec une place de troisième gardien au VfB Stuttgart durant trois saisons. Il rêve sans doute de revenir en Allemagne par la grande porte.